Architecture Sacrée
La Géométrie du Sacré
Le hammam andalou a hérité de la structure des thermes romains, qu'il a adaptée aux usages d'al-Andalus. On n'y venait pas seulement se laver : les ablutions rythmaient la vie quotidienne et précédaient la prière, si bien que le bain mêlait l'hygiène du corps et la préparation de l'âme.
C'était aussi un lieu de rencontre. Les hommes s'y rendaient le matin, les femmes l'après-midi, à des horaires séparés, et l'on s'y retrouvait entre voisins de toutes conditions pour discuter, prendre soin de soi et passer un moment. À Alhama, cette tradition de l'eau plonge des racines plus anciennes encore : le nom même du village vient de l'arabe al-hamma, « les eaux chaudes », et ses sources jaillissent à 46 °C.
La lumière entre par les lucarnes en forme d'étoile percées dans la voûte. La vapeur l'adoucit, le silence n'est rompu que par le murmure de l'eau, et l'on passe sans hâte d'une salle à l'autre.
Le Cycle des Trois Salles
Salle tiède
Le bayt al-wastani, où commence le parcours. L'ambiance est douce et prépare le corps peu à peu. On s'y reposait, on y recevait massages et soins de la peau.
Salle chaude
Le bayt al-sajun, le cœur du bain. La chaleur humide et la vapeur ouvrent les pores ; on verse l'eau sur le corps à l'aide de seaux, à la manière d'un sauna, plutôt que de s'y plonger.
Salle froide
Le bayt al-barid, le retour au calme. La fraîcheur clôt le rituel, raffermit la peau et redonne de l'énergie avant de sortir.
L'Art du Thé
En al-Andalus, le bain ne s'arrêtait pas à la sortie de l'eau : il se prolongeait dans la salle de repos, où l'on bavardait sans hâte. Retrouvez ce geste avec un thé à la menthe fraîche, servi selon la tradition, entre effluves d'encens et essences naturelles.