Tabernero
Tomate mûre, poivron vert et oignon longuement fondus dans l'huile d'olive, avec un léger piquant. Le tabernero se sert chaud ou tiède, seul, sur une tartine ou dans un petit pain.
Marmites de l'intérieur, cuisine de saison, tapas de comptoir et saveurs méditerranéennes : 36 plats pour lire le territoire par l'assiette.
À Alhama de Almería, la cuisine traditionnelle suivait d'abord le temps qu'il faisait et ce que donnaient les champs. Les jours froids ou pluvieux appelaient les migas, les potages de blé, de courge ou de fenouil et les plats mijotés. L'été ramenait les gazpachos, les salades du moment et des préparations plus fraîches. Les céréales, les légumineuses, les légumes de la vega et l'huile d'olive formaient le quotidien ; la viande accompagnait davantage les fêtes, les repas familiaux et le temps de la matanza.
Ce carnet ouvre ensuite le cercle : le Bajo Andarax et l'Alpujarra almeriense avec leurs gurullos, leur ajoblanco ou leur pipirrana ; la province avec ses recettes de l'intérieur et du littoral ; enfin Almería capitale, où le tapeo fait dialoguer cuisine populaire, produits de la mer et créations de comptoir. On passe ainsi d'une olla longuement mijotée à une bouchée servie avec une boisson, puis d'un plat de poisson à une sauce fraîche préparée au mortier.
Les 36 fiches n'affirment donc pas toutes la même origine. Chacune précise son véritable degré d'ancrage : tradition documentée à Alhama, spécialité d'une comarca, emblème provincial ou classique andalou et espagnol adopté par les bars locaux. Une façon plus honnête — et plus gourmande — de comprendre ce que l'on mange, pourquoi on le prépare ainsi et dans quel contexte le commander.
Tomate mûre, poivron vert et oignon longuement fondus dans l'huile d'olive, avec un léger piquant. Le tabernero se sert chaud ou tiède, seul, sur une tartine ou dans un petit pain.
Sardines fraîches grillées ou saisies à la plancha avec du gros sel et très peu d'huile. Leur peau croustille, la chair reste juteuse et le plat conserve le goût franc des repas d'été au bord de la Méditerranée.
Un petit pain toasté renferme une viande hachée saisie, juteuse et garnie selon la maison. En format tapa, la hamburguesa assume sa modernité sans prétendre appartenir au patrimoine ancien.
Des pommes de terre doucement confites dans l'huile d'olive, liées avec des œufs puis saisies en une tortilla épaisse. Avec ou sans oignon, plus coulante ou bien prise, elle demeure l'une des bouchées les plus familières des bars espagnols.
La version sans œuf que préfèrent bien des bars : deux volumes d'huile pour un de lait et une gousse d'ail donnent une sauce très blanche et légère — qui reste fraîche et périssable.
Des morceaux de porc dorés puis mijotés doucement dans une sauce tomate cuisinée avec oignon, ail et aromates. La viande devient tendre, la tomate se concentre et chaque bouchée appelle un morceau de pain.
Ici, l'ajillo n'est pas une simple poêlée d'ail. La viande mijote dans une sauce dense d'amandes, pain, pimentón et épices jusqu'à devenir tendre et très parfumée : une préparation singulière du répertoire almérien.
Des gambas pelées chauffées dans l'huile d'olive avec ail en lamelles, guindilla et un peu de persil. Servies bouillonnantes en cassolette, elles deviennent pleinement almériennes lorsque la gamba rouge de Garrucha entre en scène.
Des bouchées de cazón — un petit requin — marinées au vinaigre avec ail, pimentón, origan, cumin et laurier, puis farinées et frites. La croûte fine protège une chair juteuse, parfumée et doucement acidulée.
De petits calamars servis entiers, rapidement saisis à la plancha puis relevés d'huile d'olive, d'ail et de persil. Une tapa marine simple, tendre et légèrement grillée, très naturelle sur la côte d'Almería.
Tomate, poivron, oignon et parfois concombre, taillés en petits morceaux puis assaisonnés d'huile d'olive et de vinaigre. Cette salade d'été possède de nombreuses variantes ; à Almería, elle rencontre volontiers le poulpe et les produits de mer.
À Almería, les migas se travaillent aujourd'hui à la semoule de blé dur, avec eau, huile et ail. Granuleuses et dorées, elles accueillent sardines, poivrons, radis ou charcuteries selon la saison et la tablée.
Une tranche de longe de porc saisie sur une plancha bien chaude : dorée dehors, tendre dedans. Seule, avec des pommes de terre ou en montadito, c'est la tapa directe et généreuse des comptoirs.
Les gurullos sont de petits grains fuselés de pâte artisanale, mijotés avec lapin, pois chiches, sofrito et poivron rôti. Le plat doit rester bien caldoso, avant que la pâte absorbe le bouillon.
Le jeune chevreau mijote lentement dans l'ajillo almérien, une sauce d'amandes, pain, ail, pimentón et épices. La chair devient tendre, les sucs se concentrent et le plat déploie une intensité rustique et festive.
De fines rondelles de pomme de terre cuisent doucement à couvert avec poivron vert, oignon et huile d'olive. Souples, juteuses et légèrement dorées, elles se servent seules, avec un œuf frit ou auprès d'une viande.
Des morceaux de viande marinés au cumin, au pimentón et aux aromates, serrés sur une petite brochette puis saisis au feu. Fumé, juteux et très parfumé, le pinchito est un classique des comptoirs d'Almería.
Une pièce de porc naturellement persillée, saisie entière à la braise ou à la plancha puis tranchée au dernier moment. Sa graisse fondante nourrit une croûte dorée et une chair particulièrement juteuse, idéale à partager.
Ce ragoût de La Chanca cuit lentement poulpe, oignon, tomate, ail, laurier et vin dans la même marmite. La sauce sombre et concentrée réclame du pain, parfois des pommes de terre, et une boisson de caractère.
À Almería, les bravas historiques prennent de gros morceaux de pomme de terre, fondants dedans et légèrement dorés, puis une sauce rouge plutôt fluide. Le client choisit son feu : moderada, picante ou cargada.
Des anneaux de calamar séchés, légèrement farinés puis plongés par petites quantités dans une huile très chaude. La croûte reste fine et dorée, la chair tendre, et un quartier de citron suffit.
Le « gaspacho blanc » ancestral : pain, amandes, ail et huile d'olive, servi glacé avec du raisin. Un patrimoine andalou partagé, bien documenté aussi dans la province d'Almería.
Des tranches ou bâtonnets d'aubergine farinés puis frits jusqu'à légèreté, terminés par de fins traits de miel de canne. La mélasse sombre apporte une douceur réglissée qui contraste avec le sel et la croûte chaude.
Un assortiment de petits poissons et de céphalopodes légèrement farinés, frits dans une huile très chaude puis servis immédiatement. Boquerones, rougets, acedías ou puntillitas composent une assiette changeante, croustillante et profondément andalouse.
Des pommes de terre rôties jusqu'à devenir dorées dehors et fondantes dedans, servies avec un alioli crémeux au goût net d'ail. Une tapa de bar simple et généreuse, dont la forme exacte varie selon l'établissement.
Des filets d'anchois frais ouverts, blanchis par une marinade au vinaigre puis nappés d'huile d'olive, d'ail et de persil. Une tapa froide, ferme et brillante, dont la fraîcheur demande une préparation sanitaire rigoureuse.
Pommes de terre tendres, mayonnaise, thon et légumes finement coupés composent cette tapa froide incontournable. Œuf dur, petits pois, carotte ou olives changent selon la maison, mais la texture doit rester crémeuse et vivante.
Sous ce nom circulent plusieurs soupes almériennes. Une formule ancienne associe viande, lentilles, oignon, coriandre et safran ; des versions récentes ajoutent tomate, pois chiches, nouilles et épices, sans recette provinciale unique.
Le rin-ran canonique de Cazorla mêle pomme de terre, poivron sec, morue, oignon, olives et œuf. À Almería, le nom peut plutôt désigner l'ajo colorao : une ambiguïté à afficher, pas une seconde spécialité à dupliquer.
Un bouillon de poisson familial servi très chaud, enrichi selon les maisons de pomme de terre, tomate, pimentón, poivron rôti, maquereau ou petits poissons. Plus qu'une formule unique, il raconte les cuisines de pêche du littoral almérien.
Fine tranche de pain coupée en biais, grillée puis couverte d'alioli et d'une garniture salée : thon, jambon blanc ou anchois. Une tapa simple, immédiate, profondément liée aux comptoirs de la capitale.
Produit familier des ports d'Almería, le poulpe se sert à la plancha, frit avec peu d'huile, assaisonné ou mêlé aux guisos. Sa chair tendre et ses ventouses caramélisées racontent une cuisine côtière sobre et généreuse.
Des morceaux de seiche mijotés jusqu'à tendreté dans un sofrito enrichi de ñora ou de piment choricero, de vin blanc et d'un majado d'ail et d'amandes. Une tapa almérienne épaisse, chaleureuse et faite pour le pain.
Une purée chaude et onctueuse de pomme de terre, morue dessalée, poivron rouge sec, ail, cumin et huile d'olive. Dans l'Almanzora, elle s'accompagne volontiers de petits bollos de panizo frits.
Ce mijoté de l'intérieur almérien réunit blé en grains, pois chiches, morceaux de porc, morcilla et jeunes pousses de fenouil. Le blé précuit puis reposé donne au bouillon sa texture profonde et fondante.
La sauce à l'ail la plus servie dans les bars : une mayonnaise à l'ail crémeuse et douce, inséparable des patatas alioli des tapas d'Almería.